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Les clés de Bruxelles

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Source :  http://www.adisc.be/bruxelles/Est/Bruxelles/Bruxelles_3_/bruxelles_3_.html

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    Population : 133 138 habitants
    Superficie : 3 292 ha

    L'HOSPICE DES AVEUGLES

L'Hospice des aveugles du boulevard du Midi fut construit de 1853 à 1855 par Jean-Pierre Cluysenaer, l'architecte des Galeries Saint-Hubert. De style éclectique et d'inspiration romane, l'hospice possède plusieurs créneaux En reste aujourd'hui que la chapelle et une partie de la cour intérieure.

 

LA MONNAIE        

Rentrée dans l'histoire grâce à la représentation de «La Muette de Portici» (une œuvrede La Feuillade) qui coïncida avec l'Indépendance du pays en 1830, le Théâtre Royal de la Monnaie (T.R.M.) a été érigé sur l'emplacement de l'ancien Hôtel des Monnaies qui, lui-même, s'était substitué à un couvent des Dominicains. C'est l'italien Gio-Paulo Bombarda qui décida de la construction de l'édifice.

On doit le TRM aux architectes Tomazo et Pedro Bezzi. Erigé en 1699, il pouvait contenir 1200 places. Il fut inauguré par Maximilien-Emmanuel de Bavière. On y applaudit la célèbre danseuse bruxelloise, la Camargo, et la prima donna italienne, Anna Maria Peruzzi. En 1773, le théâtre accueillit la célèbre danseuse Sophie Arnould. De 1794 à 1799, tous les spectacles commençaient par La Marseillaise. En 1803, Bonaparte s'y rendit avec Joséphine pour applaudir le célèbre comédien Talma.

Ce premier bâtiment resta debout jusqu'en 1810. Une nouvelle salle due à l'architecte Damesme vit le jour neuf ans plus tard. L'œuvre de Grétry, «La Caravane du Caire", étrenna la salle. Cependant, le superbe édifice (dont le fronton fut complété en 1854 d'un bas-relief d'Eugène Simonis puis, l'année suivante, d'une machinerie élaborée) disparut dans les flammes. Seules échappèrent au pire les colonnades et le fronton.

Quinze mois après l'incendie, on inaugurait un nouveau bâtiment de style néo-classique signé Joseph Poelaert. Des travaux entamés en 1980 ont surélevé le toit afin de permettre l'installation de salles de répétition supplémentaires ainsi qu'une machinerie plus sophistiquée. Quant au décor de l'entrée, il comporte un plafond peint par Sam Françis, un sol aux motifs géométriques de Sol Lewitt et les colonnes du très médiatique Daniel Buren.

Il serait fastidieux de nommer tous ceux qui sont imprégné ce lieu de leur art. Ne passons toutefois pas sous silence Maurice Béjart qui, en 1987, s'exila à Lausanne à la suite d'un différend avec le directeur de l'époque, Gérard Mortier. Son successeur, l'américain Mark Morris finit par rejoindre l'anonymat après moult contestations. A noter que depuis 2000, le théâtre possède un deuxième bâtiment qui rassemble tous les lieux de répétition et bureaux administratifs dispersés jadis dans Bruxelles.

Durant les représentations de «L'Homme de la Mancha» qui eurent lieu au T.R.M., Brel fut un assidu du célèbre bistrot «La Mort Subite», situé juste derrière le théâtre de La Monnaie, comme Maurice Béjart qui y donna de nombreuses représentions et donna cours dans le cadre de son école de danse. Brel fut aussi un habitué du restaurant Aux Armes de Bruxelles.

Par ailleurs, le peintre français David s'exila dix ans au 5 de la rue Léopold, à quelques encâblures de la Monnaie.

 

    LA RUE NEUVE

La rue fut tracée en 1617 par le biais de Jérôme de Meester. Avant cette date, il ne faisait pas bon s'y promener, tant les odeurs pestilentielles y pullulaient à cause de dépôts d'immondices et de porcs qui y étaient abattus. Tant et si bien que le quartier fut même baptisé «Finis Terrae» (le bout du monde). Une petite chapelle dénommée de Venster Sterre (la fenêtre à l'étoile) y avait même été construite. Elle deviendra l'église du Finistère en 1713.
Face à cette chapelle se tenait un marché aux légumes. L'origine de la rue du Persil et aux choux n'est pas à chercher plus loin.

En 1839, la rue Neuve ne s'étendait que jusqu'à la rue de Malines. Elle était bordée d'Hôtels (de Saxe, du Rhin, de Wellington) qui fourmillaient d'Anglais venus visiter Waterloo. La construction de maisons bourgeoises (dont celles du marquis de Spinola et du comte de Furstenberg) métamorphosa la rue. La plus belle de ces maisons n'était autre que celle de l'amateur d'art Jacques van Ophem. Sa façade d'une longueur de 27 mètres avait été dessinée par son ami, le peintre Pierre-Paul Rubens. Démolie en 1908, elle fit place à l'Innovation, créée par un homme d'affaires de Cologne, Léonard Tietz. De par l'ampleur du drame, l'incendie de l'Innovation (en 1967) a fortement marqué l'histoire de Bruxelles.

Autre fleuron de la rue Neuve, le cinéma Métropole appartenait à la famille Wielemans. Enrichie par sa production de bière, elle avait souhaité ouvrir le plus grand cinéma de Bruxelles. La salle aux 2 900 places, trop peu fréquentée, disparut dans les années nonante. Elle est aujourd'hui reconvertie en un magasin de vêtements.

Le Passage du Nord (1882) s'enorgueillit encore, ces dernières années, deplusieurs magasins superbement mis en valeur par de multiples statues symbolisant le Jour et la Nuit et par trente-deux cariatides sculptées par Joseph Bertheux.

 

L'HOTEL METROPOLE        

Ancien siège de la C.G.E.R. construit par l'architecte Alban Chambon dans un style annonciateur de l'Art nouveau, l'hôtel fut acquis par les Wielemans-Ceuppens en 1893. Ceux-ci- le transformèrent de façon radicale : deux ans plus tard, il était devenu l'hôtel le plus luxueux de l'époque. Il a accueilli de nombreuses personnalités, de Marie Curie à Jean d'Ormesson, en passant par Jacques Brel, Albert Einstein, Sacha Guitry ou André Gide.

 

    LE THEATRE FLAMAND

Au 146 de la rue de Laeken, sur l'ancien Arsenal, le Koninklijke Vlaamse Schouwburg a été érigé à l'initiative de la ville. Celle-ci escomptait que l'architecte J. Baes de conçoive le bâtiment dans le style Renaissance flamande, tout en conservant la façade classique d'un ancien entrepôt situé à l'arrière. Inaugurée en 1887, la salle dite «à la française» fut réaménagée en 1955, consécutivement à un incendie. De Doncker et Michiels la réduisirent à deux niveaux. Une rénovation de grande envergure sera entamée prochainement.

 

LE PALAIS DES ACADEMIES          

Elaboré par le même architecte que le parlement, cette résidence néo-classique du Prince d'Orange fut achevée en 1826 par Timan-François Suys. A la fin de l'occupation hollandaise, en 1826, il devint le siège de l'Académie royale de Belgique et fut dénommé Palais des Académies. L'institution est subdivisée en cinq académies, trois francophones et deux néerlandophones.

L'Académie royale de Belgique de langues et de littérature françaises a notamment eu comme membres Georges Simenon, Maurice Maeterlinck, Thomas Owen, Suzanne Lilar. Parmi les membres étrangers, évoquons Jean Cocteau, Colette, Julien Green, Mircéa Eliade, Françoise-Mallet-Joris, Gabriele d'Annunzio et Marguerite Yourcenar. Le lieu fait aussi la part belle aux réceptions de prestige.

 

    LA COLONNE DU CONGRES

Inauguré en 1850 par Léopold Ier, ce symbole patriotique qui, le 11 novembre 1922, s'est vu complété par le soldat inconnu - effectif depuis la deuxième guerre mondiale - est dû à Joseph Poelaert. Le site a ensuite accueilli des sculptures de Louis Melot, Guillaume et Joseph Geefs, Eugène Simonis et Charles Fraikin. Situé dans le quartier de Notre-Dame-aux-Neiges, la Colonne occupait le centre de la place des Panoramas (actuelle place du Congrès) dessinée par Cluysenaar, celui-là même qui allait inspirer la constitution des maisons qui entourent la place de Barricade.

Le nom du quartier est inspiré de l'îlot qui, selon les plans de 1874 de Manessier, a précédé le nouveau quartier. Le plan faisait état d'une ville en miniature, pourvue d'un théâtre (Le Cirque Royal), d'habitations et de magasins. Les noms des rues s'inspirent de la Constitution et de l'Indépendance de notre pays (place de la liberté, rue de l'Association, des Cultes...).

Le poète surréaliste Paul Nougé, né rue du Congrès en 1895, habitera au 16 rue de l'enseignement.

Le Palais des Congrès se situe au Coudenberg 3. Il s'inscrit dans l'ensemble architectural du Mont des Arts.

 

LE CIRQUE ROYAL        

Construit en 1878 à l'initiative du bourgmestre Jules Anspach, le Cirque Royal vivra de riches heures jusqu'en 1951, date à laquelle il fermera ses portes pour rouvrir, trois ans plus tard, grâce à l'échevin des propriétés communales, Paul van den Boeynants. En 1978, il sera menacé par les promoteurs immobiliers, mais sauvé par le courage et la passion d'Elisabeth t'Kindt, alors chargée des relations publiques au T.R.M..E. t'Kindt mena une politique de spectacles ambitieuse. En 1999, elle se retira au profit de la Communauté française.

Il faut se souvenir que les promoteurs immobiliers avaient déjà obtenu gain de cause pour la disparition du quartier, fort ancien et miséreux, de Notre-Dame-aux-Neiges dit «quartier des dentellières». Ainsi, près de trois cent maisons disparurent-elles de même qu'une chapelle datant de 1621. Issues de la révolution de 1830, les nouvelles rues se ferront le symbole (rue du Progrès, du Parlement, du Gouvernement provisoire etc.) de cet événement majeur.

Parmi les événements marquant du cirque, retenons la venue de la plus célèbre des féministes, Louise Michel, du musicien Eugène Isaye, de Maurice Chevalier, de Joséphine Baker, des vedettes de la scène et de l'écran venues de l'Europe entière dans le cadre de la «Nuit Electrique» (de Jean Marais à Fernandel, en passant par Brigitte Bardot et Martine Carol). Côté music-hall, Dalida, Sacha Distel, Luis Mariano, Juliette Gréco et Bourvil tinrent le haut de l'affiche. Selon sa vocation, le Cirque Royal accueillit de nombreux spectacles de cirque à commencer par le cirque de Moscou et son célèbre clown, Popov.

De 1967 à 1976, le lieu accueillera certains spectacles de l'Opéra National sous la direction de Maurice Huisman. Le chorégraphe, Maurice Béjart, y créa la version dansée de la Neuvième Symphonie de Beethoven. .

 

    LE PALAIS DES BEAUX-ARTS

Inauguré en 1928 par Albert Ier, ce lieu culturel totalise pas moins de quarante salles pour 12 000 m2 de cimaises. Dessiné par Victor Horta sur une superficie de près d'un hectare, le bâtiment de trois étages a été construit autour d'une grande salle centrale (la Salle Henry Le Boeuf) pouvant accueillir 2 200 personnes. Le Palais des Beaux-Arts compte également une salle de musique de chambre, un Studio, une rotonde, une salle du Conseil, un Petit Théâtre et un Musée du Cinéma.

La différence de niveau entre la rue Royale et la rue Ravenstein suscita de grandes difficultés techniques. Un hommage y a été rendu au créateur de l'Art nouveau lors d'un Europalia. A cette occasion, les lieux ont été restaurés. Aujourd'hui, une asbl gère le bâtiment qu'habitent encore la Société Philarmonique de Bruxelles et le Rideau de Bruxelles. Il peut accueillir sept mille personnes simultanément.

 

LE QUARTIER DES ARTS          

Délimité par la cathédrale Saint-Michel, les boulevards du Régent et Waterloo, la place Louise, la place Poelaert et le Palais de Justice, ce quartier regroupe la quintessence des édifices culturels et religieux de la ville. Les Musées Royaux d'art et d'histoire, le Musée instrumental, le Musée du Cinéma, le Musée de la Dynastie, les églises Saint-Jean, Notre-Dame de la Chapelle et du Sablon, Saint-Michel, Saint-Jacques sur Coudenberg, la Bibliothèque Royale, le Conservatoire Royal de Musique, les Archives du Royaume, le Palais des Académies en font partie. Sans oublier le Théâtre Royal du Parc, le Palais Royal, le Parlement et plusieurs ministères et ambassades.

Non loin de là, on découvre le Mont des Arts souhaité par Léopold II, en réponse au Mont de Justice (Galvenberg, lieu du Palais de Justice où, jadis, s'érigeait une potence) et au Mont du Bon Dieu (l'église Saint Jacques sur Coudenberg). En signe d'hommage, Léopold III y établit le sièged'une grande bibliothèque nationale portant le nom de son père Albert Ier.

C'est à la suite d'un concours d'architecture remporté par Jules Ghobert, Maurice Houyoux et Roland Delers qu'un chantier gigantesque fut lancé pour le réaménagement appelé à regrouper la Bibliothèque royale, les Musées Royaux des Beaux-Arts, les Archives Générales du Royaume, le Cabinet des Estampes et des Médailles. Les jardins furent crées par René Pechère. Il les dessina en fonction de nombreuses volées d'escaliers au centre desquelles trône une statue d'Albert Ier. Les travaux commencèrent en 1938 pour ne s'achever … qu'en 1969 !

Ces travaux pharaoniques entraînèrent la démolition du prestigieux Hôtel de Nassau dont il ne reste aujourd'hui que la chapelle, englobée dans les murs de la bibliothèque. Demeure, dès 1744, du gouverneur général des Pays-Bas, Charles de Lorraine, l'édifice avait été édifié par Guillaume de Duvenvoorde en 1346 Malgré deux incendies (1624 et 1701) et les modifications du gouverneur, l'Hôtel de Nassau était resté conforme à son allure du XVe siècle.

Le souverain possédait de nombreuses collections ce qui explique que sa demeure fut modifié pour pouvoir les protéger. Elle contenait notamment un cabinet d'histoire naturelle, de physique, une collection numismatique, une imprimerie et une chambre des automates. A sa mort, Joseph II vendit l'essentiel de ses collections. Une partie fut cependant sauvée par les révolutionnaires français. Le plafon de la chapelle construite en 1760 porte la griffe du peintre Norbert Heilbroeck. En 1797, elle abrita l'Ecole centrale puis la Communauté protestante.

Sujet à de nombreux conflits, l'aménagement du quartier devait encore compter avec le musée d'Art Moderne. Ce musée passa de l'Hôtel Nassau à l'hôtel Altenloh, situé place Royale. Ce sont finalement les architectes Roger Bastin et Léo Beeck qui furent choisis. Ils décidèrent de maintenir les façades de l'hôtel néoclassique Altenloh et de le restaurer. Le musée, inauguré en 1984, offre désormais aux regards des œuvres réparties sur près de 15 000 m2. La verrière du sous-sol a beaucoup fait parler d'elle.

Le Palais des Congrès de Bruxelles (Coudenberg 3) fait lui aussi partie de l'ensemble architectural du Mont des Arts. Conçu par J. Ghobert et l'architecte-paysagiste R. Pechère, il a été inauguré en 1958. Pour l'Exposition universelle. Il comporte plusieurs auditoires, salles de réunions et halls d'exposition. Il prête notamment son espace au Salon du Livre et à des congrès.

En 1959, Paul Delvaux réalisa, dans le hall de l'entrée principale, la fresque murale intitulée «Le Paradis Terrestre» (41 x 4,20 m). Un an plus tard, René Magritte exécutera à son tour une fresque (12 m sur 5) baptisée «Les Barricades Mystérieuses». Plusieurs restaurations ont déjà eu lieu.

 

    L'ALBERTINE

La bibliothèque Albert Ier du Mont des Arts inclut également le Musée de l'Imprimerie, le Musée du livre ainsi que les Archives et le Musée de la littérature.

Au nombre de cinq cent mille en 1909, les ouvrages de l'institution s'élevaient à quatre millions en 1991. En 1577, la bibliothèque bruxelloise comptait près de six cent manuscrits de la collection de Charles-Quint. C'est en 1837 qu'une bibliothèque royale sera officiellement créée. Un an plus tard, elle s'enrichira des soixante-quatre mille volumes de la collection de Charles Van Hultem. De nombreux autres dons complèteront encore les collections. En 1845, la fondation de l'Université Libre de Bruxelles amèna déjà près de quatre mille étudiants sur les lieux.

Crée en 1972 sur le même site, le Musée de l'imprimerie possède trois cent machines, parmi lesquelles celles de Félicien Rops et de Max Elskamps. Cependant, leur nombre important et leur entretien posent de sérieux problèmes financiers et d'intendance. Chargé de promouvoir la littérature française et d'en conserver le patrimoine, le Musée de la littérature a, quant à lui; été fondé en 1958 par le grammairien Joseph Hanse.

Enfin, le Musée du livre a pour mission de retracer l'histoire de son sujet en Occident et ce, via l'exposition de ses manuscrits et ouvrages précieux . Les cabinets comportent les legs de Mme Solvay et du comte de Launoit. Il regorge également des souvenirs de Max Elskamp, d'Henry Van de Velde, de Michel de Ghelderode et d'Emile Verhaeren.

 

LE CONSERVATOIRE ROYAL DE MUSIQUE        


Le Conservatoire du 30 rue de la Régence fut construit (entre 1872 et 1877) par l'architecte Cluysenaer dans les styles néoclassique et néo-renaissance. Il se situait jadis dans l'hôtel de Tour et Tassis, aujourd'hui démoli. Le bâtiment est conçu en trois ailes disposées autour d'une cour donnant sur la rue. Plusieurs instruments de musique et allégories décorent colonnes et fenêtres. On y trouve encore les bureaux du Concours international Reine Elisabeth.

 

    LA CATHEDRALE SAINT MICHEL ET GUDULE

Première paroisse de Bruxelles, Saint Michel remonte probablement au VIIIe siècle. Saint-Jacques sur Coudenberg, Saint-Nicolas et Saint-Géry en seront dépendantes par la bulle d'Alexandre III, éditée en 1174. La même année, on entamera la construction de l'église de la Chapelle, pleinement consacrée en 1210. C'est en 1047 que le comte de Louvain, Lambert II Baldéric, transféra les reliques de Sainte Gudule (morte en 712 dans son château de Ham), de la chapelle Saint-Géry à l'église Saint-Michel (cet apport consacrera Saint-Michel en tant que collégiale).

La légende veut que lorsqu'on ouvrit son cercueil pour s'assurer de son contenu lors de son arrivée dans la chapelle, une obscurité profonde se fit, causant la terreur de l'assistance dont celle de Charles de France. Pour conjurer le sort, trois jours de jeûne et de prière furent décrétés. Ses reliques furent dispersées en 1579 par les iconoclastes.

Aujourd'hui, seuls demeurent quelques vestiges de l'église romane initiale dont une grande partie disparut lors d'un incendie en 1072. Il s'en suivi le remplacement progressif du style roman par le gothique, à commencer par le chœur du XIIIème siècle, la nef, les bas-côtés et les chapelles du siècle suivant. Les escaliers monumentaux ne furent construit qu'au XVIIIe siècle. Leur reconstruction bénéficia de l'aide de plusieurs ducs de Brabant en échange d'indulgences. Elle fut érigée en Collégiale jusqu'en 1961, date à laquelle elle acquit le rang de cathédrale. On y a célébré le mariage du prince Philippe et de Mathilde d'Udeckem d'Acoz en 1999.

Les Bruxellois vénéraient en sainte Gudule la victoire de la lumière sur les ténèbres et en Saint-Michel le fait d'avoir terrassé le démon. L'ésotérisme est fort présent dans ce lieu. Un exemple ? Les signes du zodiaque derrière le maître-autel.

La présence du saint Sacrement dans la chapelle nord de la cathédrale s'explique par les visions d'une hostie lumineuse, vision à laquelle aurait assisté, en 1436, un tisserand nommé Jean. Déclaré miraculeux par le chapitre qui comprenait un trésorier, un bâtonnier, un inspecteur des écoles et un maître de chant, l'hostie fut vénéré par Charles le Téméraire.

En 1540, Saint-Michel et Gudule sera orné de vitraux de Bernard Van Orley. Elle contenait notamment une cave à vin qui causera des jalousies à un point tel que les chanoines devront intervenir auprès de Charles-Quint. Le bâtiment échappera aux bombardements du maréchal de Villeroi en 1695. Restaurée dans le style rococo par l'architecte Dewez en 1770, la cathédrale accueillera, en 1803, le premier consul Bonaparte et son épouse Joséphine après que les iconoclastes français aient saccagé une partie du patrimoine ecclésiastique.

Roger Van der Weyden, dont l'atelier se situait Montagne de la Cour, repose dans la cathédrale. On ne sait cependant qu'une chose : il repose dans un collatéral, quant à savoir lequel…. Baudelaire vanta les vitraux tandis que Nerval la compara à une femme agenouillée au bord de la mer. Rodin n'hésitera pas à la comparer à la perfection de la Joconde.

Pour l'anecdote, il faut savoir que les chaises d'église étaient inexistantes au Moyen-Age. Le sol était jonché de paille, de verdure ou de fleurs, selon les circonstances. Le Christ en croix n'est représenté que depuis le VIème siècle.

 

LA PLACE DES MARTYRS          

Elaborée en 1775 par Claude Fisco, contrôleur général des travaux de Bruxelles, la place des Martyrs, à l'origine place Saint-Michel, est de forme carrée. On lui reconnaît deux bâtiments se faisant face, ornés de huit colonnes doriques et d'un fronton triangulaire. D'autres maisons à colonnes doriques les encadrent.

Rebaptisée place de la Blanchisserie sous l'occupation française, elle sera arborée pour lutter contre l'humidité du sol. On l'agrémentera en outre d'une fosse susceptible d'accueillir les restes des morts de la révolution de 1830. Les noms de ces défunts seront gravés sur un monument aux morts commandé au sculpteur Guillaume Geefs. Ce monument fut inauguré en 1838.

Le côté sud de la place rend hommage à Frédéric de Mérode, ce courageux combattant de 1830. L'œuvre est due au sculpteur Paul Dubois. Le côté nord symbolise les troupes à l'assaut du parc royal. A l'est, la scène illustre le doyen de la Collégiale des saint Michel et Gudule bénissant les tombeaux. Quant à l'ouest, il représente le symbole de la Belgique couronnant ses fondateurs de lauriers. La déesse Patrie surmonte l'ensemble, tandis qu'à la base un lion symbolise la liberté.

 

    LES GRATTE-CIEL

Centre névralgique de la Belgique, Bruxelles (le Pentagone en particulier) comporte une multitude de tours qui, pour la plupart, ont poussé dans les années soixante. La mode poussait, il est vrai, à imiter New-York, mais selon l'adage «pour être branché, faisons table rase des témoins du passé et construisons des tours". Le premier building date de 1957. Il culmine à la porte de Schaerbeek où il abrite les bureaux de la Prévoyance sociale.

Dans les années 60-70, Bruxelles subit l'émergence de nouveaux monstres : les immeubles-tours Westbury, Madou, Hilton et du Midi (Tour des Pensions)…

 

LE QUARTIER SAINT-GERY        

Construite en 1881 dans le style néo-Renaissance, l'église Saint-Géry fut démolie en 1798, après avoir servi de dépôt à un marchand de tapis d'origine turque. Les anciennes halles aux viandes (22 x 42 m) ont été restaurées en 1987-1989 afin de s'ouvrir à des restaurants et des commerces. Le contraste frappe toujours autant entre la structure métallique soutenue par de fines colonnes et le soubassement en pierre.

Le succès n'ayant pas été à la hauteur des attentes, le quartier fut la cible de plusieurs projets. Le public, par exemple, manqua cruellement à l'appel. Au centre de la place du même nom coulait jadis une fontaine ornée de deux têtes de lion. Cette fontaine donne un côté festif à l'ensemble. Qu'il est loin le temps où l'îlot Saint Géry était relié à Bruxelles par les ponts de la Carpe, du Miroir et des Teinturiers…

La rue Saint Christophe comportait, elle, trois moulins (Slijpmolen, Papiermolen et Driesmolen). Non loin de là, le Jardin aux Fleurs (Bloemenhof) accueillait les arbalétriers. En 1471, s'installeront, dans le même quartier, les Frères de la Vie commune. Ils fourniront un enseignement à Erasme et Breughel. Ils publieront également l'un des premiers ouvrages imprimés à Bruxelles. En 1588, l'ordre sera dissou et remplacé, jusqu'en 1796, par celui des Riches-Claires.

Au début du XXe siècle, le quartier Saint-Géry tenait en «La Cour de Bruxelles» une auberge de renom qui comptait parmi ses membres un certain Karl Marx, domicilié alors à Bruxelles.

 


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